Interview de Wataru Ohashi, grand maître Shiatsu

Au cours du stage organisé par Karine Favresse, médecin et praticienne shiatsu, au sein de son école de Louvranges en Belgique, j’ai eu l’honneur de pouvoir interviewer le grand maître de shiatsu Wataru Ohashi, histoire d’en savoir un peu plus sur sa vie, ses maîtres, son histoire d’amour avec le shiatsu et bien sûr sa griffe : l’Ohashiatsu® 😉

 

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Le Maître de Shiatsu le plus connu au monde

Ludivine Dumontet : bonjour à tous, et bienvenue sur le blog bien être par le shiatsu et le do in. Aujourd’hui, nous sommes très heureux d’accueillir Maître Ohashi. Bonjour Maître Ohashi.

Wataru Ohashi : Bonjour. Merci.

Ludivine Dumontet : un grand merci à vous pour nous accorder ce temps de l’interview.

Wataru Ohashi : oh, mais tout l’honneur est pour moi. C’est l’occasion de saluer votre formidable public.

Ludivine Dumontet : merci beaucoup. Nous sommes vraiment très heureux de recevoir aujourd’hui Maître Ohashi. Maître Ohashi qui est à l’heure actuelle la Maître de shiatsu le plus connu au monde. Maître Ohashi a énormément apporté au monde du shiatsu. On ne le présente plus ! Mais je vais quand même le faire, pour ceux qui ne le connaitraient pas 😉 . Sensei Ohashi, vous êtes né en 1944 à Hiroshima. Puis vous avez étudié la médecine chinoise, vous allez nous en parler un peu plus en détail. Ensuite vous avez fait différentes choses puis vous avez émigré aux Etats Unis. Et aujourd’hui, vous donnez des cours dans 37 pays à travers le monde, et vous avez également ouvert un nombre conséquent de « Ohashiatsu Institute ». Vous allez nous expliquer tout cela. Je crois que ce qui intéresse ceux qui nous regardent, c’est de savoir comment vous avez approché le monde du shiatsu, comment tout cela a commencé ?

Wataru Ohashi : je suis arrivé aux Etats-Unis en tant qu’étudiant de 3ème cycle dans une Universtité prestigieuse où je me suis spécialisé en littérature afro-américaine. Après avoir étudié le sujet au Japon, je suis venu aux Etats-Unis avec l’intention de poursuivre mes études dans ce domaine. Et mon prof m’a dit :

“- Tu sais Ohashi, si tu vas aux Etats-Unis, tu es si maigre, tu es tellement fébrile… Si quelque chose t’arrive, tu dois savoir te servir de tes dix doigts ; il te faut un certain talent pour t’en sortir. Le shiatsu serait bien pour toi.  – Ah bon ?! Waou, okay ! “

wataru ohashi shiatsu

Un début de carrière au Watergate

Et j’ai donc étudié le shiatsu au Japon jusqu’en 1968. Je n’avais aucune idée à l’époque que ça allait devenir le job de ma vie ! Je suis donc arrivé à Washington D.C, et j’ai intégré une école très célèbre. Mais malheureusement, mes notes n’étaient pas très glorieuses. Je me suis donc fait virer. Mais il se trouve qu’à la même époque j’intervenais en shiatsu au Watergate. Oui, oui, le célèbre Watergate ! Je ne savais pas alors que le Watergate allait me rendre si célèbre ! Au même moment, un Kennedy Center a ouvert, et j’ai commencé à recevoir beaucoup de danseurs en shiatsu. Puis ils m’ont invité à New York. J’ai donc laissé Washington D.C en 1972, et j’ai commencé à donner des traitements. Ce fut tout de suite un grand succès, et je ne m’y attendais pas du tout. J’ai donc ouvert mon premier Ohashi Institute, comme organisation à but non lucratif. Un centre de formation, en 1974. Et ensuite j’ai voyagé dans le monde entier. C’est comme ça que tout a commencé.

De fait, je ne suis pas un thérapeute professionnel en shiatsu. C’est la raison pour laquelle je reste aussi ouvert d’esprit. Je n’ai pas ce que l’on appelle communément « un ego professionnel ». Vous voyez ce que je veux dire. Les professionnels ont tendance à penser qu’ils peuvent tout guérir. Parce qu’ils ont beaucoup étudié, parce qu’ils ont des diplômes, et ont eu de grands professeurs. Moi je n’ai pas tout ça, du tout. Mon état d’esprit à moi c’est : « waou, vous allez mieux grâce à mon soins ?! waou, c’est un miracle ! » C’est comme ça que ca a commencé. Et parfois c’est ce que je dis à mes élèves : «si Ohashi arrive à ce miracle, et à améliorer les choses, c’est un bon début.

Les bienfaits de l’Ohashiatsu®

Ludivine Dumontet : on sait qu’il y a un grand nombre de styles de shiatsu. Quel est votre style, qu’est’ce qui différencie l’Ohashiatsu® des autres ?

Wataru Ohashi : la différence entre l’Ohashiatsu® et le shiatsu traditionnel, c’est que l’Ohashiatsu® est pour les donneurs. L’Ohashiatsu® est pour les personnes qui soignent. Ce sont eux qui en ont les premiers bénéfices J Ils se sentent mieux, sont en meilleure seanté. Ils sont dans la joie, et sont si heureux de donner un Ohashiatsu à ceux qui souffrent. Et si certains d’entre eux, par chance, s’en trouvent mieux, c’est un bienfait immense. Mais notre but dans l’Ohashiatsu®, la particularité de l’Ohashiatsu®, c’est que, tant que le thérapeute se sent mieux, plus heureux, en meilleure santé, joyeux, qu’il se sent bien, vous savez, ça, ça profite à tout le monde. Donc, l’Ohashiatsu® est pour les donneurs, le shiatsu [traditionnel], pour les receveurs. Certains praticien shiatsu se plaignent, souffrent. L’Ohashiatsu® nous rend tous heureux !

Ludivine Dumontet : c’est super ! Donc tout le monde peut bénéficier des apports de l’Ohashiatsu®, n’est-ce pas ?

Wataru Ohashi : absolument ! Puisque le donneur est heureux !

Ludivine Dumontet : et je pense que, justement, le monde a besoin de joie !

Wataru Ohashi : Exactement, c’est ça !

Ludivine Dumontet : j’ai eu ouïe dire que vous aviez travaillé avec Masunaga Sensei.

Namikoshi et Masunaga comme professeurs

Wataru Ohashi : Oui. En fait j’ai eu beaucoup de professeurs. Namikoshi. Un grand maître. Je l’ai invité à New York le 15 décembre 1973 pour 10 jours. Il a été superbe. Très généreux. J’ai beaucoup appris de lui. C’est beaucoup de plaisir d’être avec lui. J’ai fait venir beaucoup de livre du Japon. De célèbres livres de médecine orientale de grandes maisons d’édition. Une centaine. L’un deux s’intitulait « le livre du shiatsu ». On m’a demandé de le traduire et de le publier aux Etats-Unis. Je ne connaissais pas ces auteurs. Le shiatsu de l’Iokai, les méridiens du shiatsu, Masunaga. Donc les éditeurs m’ont demandé de la traduire et de le publier aux Etats-Unis. J’ai dit « ok ! Je connais bien ce domaine. Je suis diplômé en anglais ! Sudain, mon talent en anglais à fait un bon de géant ! Ensuite je suis allé au Japon pour rencontrer Masunaga. Je suis resté là-bas un certain temps, et j’ai beaucoup appris. J’ai suivi les cours à l’Iokai (son école) tous les jours. Puis j’ai invité Masunaga Sensei, 4 fois en tout je crois. 1978, 1979, 1980 et 1981, juste avant sa mort. Sur ces 4 ans, j’ai beaucoup appris avec lui, et j’en suis très reconnaissant.

Mais mes meilleurs professeurs restent mes clients. Mes clients me disent comment et quoi étudier. Pour pouvoir aider mes clients, je dois apprendre différents techniques. J’ai beaucoup beaucoup de superbes clients, comme Henry Kissinger, Martha Graham, Margot Fonteyn, Ivan Nagis, des personnes mondialement célèbres. Le premier ministre Japonais, Ohira, Seiji Osawa, le célèbre chef d’orchestre.. Ces gens là sont mes véritables professeurs.

Le simple toucher comme méthode de soin

Ludivine Dumontet : pour les personnes qui voudraient une première approche du shiatsu, qui ne connaissent pas particulièrement la discipline, quel serait vos conseils pour ses personnes là ?

Wataru Ohashi : le shiatsu est une méthode simple de soin. Il suffit de toucher. C’est le début de tout. Vous n’avez pas besoin d’y connaître quoi que ce soit. Vous touchez pour savoir où est la douleur, comment vous vous sentez. « Oh, ce point est plus sensible, ça va mieux par ici? Oh mon dieu! Mais qu’est-ce que c’est que ça ? C’est comme ça ici et là. Qu’est-ce que çà vous sentez par ici ? C’est comme ça qu’on débute en shiatsu. Ensuite, si vous voulez en savoir plus, être plus précis, alors vous devez lire des bouquins. Vous savez, oh, ça c’est le gros intestin. Et ça correspond à quoi ? Ok. Ensuite vous étudiez les 5 éléments, le Yin et le Yang, le Kyo et le Jitsu. Et puis vous lisez d’autres livres, peut être même que vous intégrerez une école, regardez des DVDs. Ensuite vous pouvez recevoir un shiatsu. Ça se fait progressivement. Vous n’avez pas besoin de tout faire dès le début.

Ludivine Dumontet : vous-même avez écrit beaucoup de livres, réalisés nombre de DVDs pour expliquer votre méthode, n’est-ce pas ?

Wataru Ohashi : oui. J’ai déjà publié 8 livres. Et je suis en train d’en écrire beaucoup d’autres. J’ai fait beaucoup de DVDs. Ça me plaît beaucoup.

                                                                         

Ludivine Dumontet : vous êtes passionné par ce que vous faîtes.

Wataru Ohashi : Oui. Ma philosophie c’est « amusez-vous », prenez du plaisir dans ce que vous faites. Même si vous n’êtes pas très bon, du moment que vous prenez du plaisir dans ce que vous faites, vous devenez meilleur. Alors que si vous êtes dans la complainte, vous ne progresserez jamais.

Ludivine Dumontet : merci 🙂

Wataru Ohashi : merci 🙂

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En attendant, soyez vous, soyez shiatsu, et à très bientôt !

Ludivine

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3 commentaires sur “Interview de Wataru Ohashi, grand maître Shiatsu

  1. Étant professionnelle de santé (Psychologue), je me retrouve tout à fait dans l’état d’esprit décrit par Maître Ohashi : celui qui donne le soin est au moins aussi important que le soin lui-même. Et je pense que cela est valable pour le Shiatsu tout comme les autres types d’activités thérapeutiques. Beaucoup de patients que j’ai rencontrés se plaignent d’ailleurs de professionnels (médecins, para-médicaux ou psychothérapeutes) qui s’appuient sur une excellente maîtrise technique et théorique de leur art et de leur science, mais la pratiquent sans aucun enthousiasme, sans envie de partager, sans “énergie”. Merci Ludivine Dumontet pour cette interview et ce point de vue !
    https://www.facebook.com/FrancelineCarre.psychologue/

    1. Ludivine a dit :

      Bonjour Franceline,
      Merci pour ce commentaire. Oui, en effet, l’important est d’avoir la PASSION de ce que l’on pratique 😉 Sans quoi : aucun résultat 🙂

  2. Ping :Eight Islands | OHASHI Method

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