Désir d’enfant : le shiatsu en soutien à la fertilité et à la maternité

Chères lectrices, chers lecteurs,

Vous retrouverez ci-dessous la retranscription de l’interview de Suzanne Yates, disponible sur la chaîne Youtube de votre blog www.bienetreparleshiatsuetledoin.com

Une approche holistique de la maternité

Suzanne Yates, spécialiste en shiatsu maternité mondialement reconnue, propose une approche holistique de celle-ci. Qu’il y ait désir de conception naturelle ou assistée, le shiatsu a toute sa place pour les couples en désir d’enfant. Le “papa” -qui peut être autre qu’un homme, la maman, et le bébé.

Prendre en compte les bouleversements que crée cette période, depuis la pré-conception, jusqu’au post-natal, établir une connexion forte entre les futurs parents et leur bébé, s’approprier des techniques pour accompagner toutes les phases du projet, tels sont les objectifs du shiatsu dans le soutien à la fertilité et à la maternité.


Ludivine Dumontet : bonjour Suzanne.

Suzanne Yates : bonjour !

Ludivine Dumontet : Nous sommes ici à l’occasion d’un stage que tu organises à Paris autour de la fertilité. C’est un stage destiné aux praticiens shiatsu. Pour te présenter Suzanne, tu es anglaise, et cela fait 40 ans que tu pratiques le shiatsu ! Et 30 ans que tu t’es spécialisée sur la maternité.

Suzanne Yates : Oui

Ludivine Dumontet : alors, bien qu’elle soit anglaise (lol!), Suzanne a quand même écrit des ouvrages en français, que je vous recommande ! Dont un qui s’appelle “Merveilleuse naissance” et qui est à destination des parents, pour vous accompagner dans la maternité, l’accouchement et le post-natal pour vos futurs bébés. Suzanne, tu as créé dans les années 1990 le Well Mother, qui au départ aidait les parents dans l’accompagnement à la maternité, puisque bien sûr tu t’occupes des couples, pas seulement des femmes. Tu accompagnes aussi bien les femmes que les hommes ?

Le toucher, premier sens à se développer in utero

Suzanne Yates : Ca dépend. Je donne des séances de shiatsu aux femmes, qui peuvent venir seules pendant tout le temps de la grossesse, ou même avant la grossesse pour recevoir un shiatsu, ou même après. Donc, souvent, comme normalement avec le shiatsu une séance dure une heure, une heure et demi, il y en a assez régulièrement pendant la grossesse et aussi dans la période post-natale.

Mais aussi, j’essaie d’intégrer le papa, ou le conjoint –ce n’est peut-être pas toujours un « papa », dans la grossesse, pour qu’il aide à faire les connexions avec le bébé, surtout par le toucher. Parce que le toucher c’est le premier sens à se développer dans l’utérus. Donc c’est bien t’intégrer le partenaire, le conjoint, et aussi de lui apprenre quelques techniques de shiatsu. On travaille en effet avec le papa, la maman ET le bébé, les trois. Mais bien sûr, le conjoint ne va pas forcément venir à toutes les séances. La femme peut aussi prendre du temps seulement pour elle-même et son bébé. Donc c’est de temps en temps, selon les désirs du couple. Si le papa ou le conjoint vient, c’est souvent au début de la grossesse parce qu’il y a des choses que je peux apprendre pour apaiser la nausée. Et donc c’est important d’intégrer le papa.

Se connecter au bébé par le toucher et intégrer le papa

Et petit à petit, quand le bébé grandit, on sent les mouvements. Le papa a des techniques pour se connecter avec le bébé. Vers la fin de la grossesse aussi je peux apprendre ce qui peut soulager les douleurs dans le dos. Mais l’essentiel aussi, c’est pour avoir les choses pour accompagner la femme pendant l’accouchement. Je trouve que c’est fondamental que le conjoint puisse être présent. Il peut trouver son rôle, garder une connexion avec sa femme, et aussi avec le bébé.

Mais aussi aider la femme ET le bébé pendant l’accouchement. Donc il y a beaucoup de techniques. Par exemple, les pressions sur le bas du dos, pour soulager les douleurs. Ca aide le mouvement de l’accouchement et ça aide aussi la connexion avec le bébé. Donc il y a beaucoup d’autres points et techniques selon la capacité du papa, selon sa volonté aussi d’accompagner sa femme, par le toucher. Mais il faut aussi savoir que la femme ne veut pas forcément être touchée pendant tous les phases de l’accouchement. Donc on peut aussi aider avec la respiration, des images, un peu comme le « hypno birthing » [l’accouchement sous hypnose] même si c’est encore différent. Des images qui aident le processus de l’accouchement et comme ça le papa, le conjoint, trouve son rôle, et ça aide toute la famille.

 

Accompagner les couples dans la P.M.A

Ludivine Dumontet : super, merci Suzanne. Là, tu nous as parlé de la période où la maman est déjà enceinte. Là aujourd’hui tu nous as formés sur la partie fertilité. Donc comment nous, praticien(ne)s de shiatsu, peut-on accompagner les mamans, les couples, dans leur désir d’enfant, qui est donc la phase d’avant ?

Suzanne Yates : oui. La phase d’avant. Quand j’avais commencé avec Well Mother, je n’avais pas beaucoup de gens qui venaient avant [la grossesse]. Je trouve qu’il y a beaucoup plus de couples qui ont des difficultés à concevoir un bébé de nos jours, par rapport à il y a 30 ans. Mais aussi bien sûr, il y a 30 ans, on n’avait pas les techniques médicales qu’on a maintenant pour soutenir la fertilité. Mais dans ma pratique, de plus en plus, j’accompagne les couples qui sont en cours de PMA (procréation médicalement assistée). Et c’est même intéressant que parfois, les médecins envoient les couples chez moi, parce qu’ils voient que c’est une période souvent assez stressante, et c’est important d’avoir des techniques pour relaxer la femme, et aussi le conjoint, le papa. C’est fondamental. On voit que n’importe quelle technique pour réduire le stress est importante, et le shiatsu aide beaucoup à ça.

Accompagner les couples dans la conception naturelle

Donc je travaille pendant des moments assez stressants, pendant la PMA, mais aussi même avec les couples qui essaient de concevoir d’une manière plutôt naturelle. Il y a plus de connaissance sur le sujet. Maintenant, on sait l’importance d’être dans le meilleur état de santé physique et même émotionnel avant de concevoir. Et j’ai beaucoup de femmes, bien sûr, qui veulent concevoir d’une manière plutôt naturelle, si possible. Donc, pour moi l’essentiel, et c’est ce que j’enseigne beaucoup dans ce stage, c’est connaître les différentes phases du cycle. Parce que même si on les connaît intellectuellement, souvent, on ne sait pas comment gérer sa propre énergie.

Bien appréhender le cycle féminin et préparer le corps à la conception

Donc le shiatsu peut aider la femme à mieux connaître son corps et les différentes énergies dans leur corps, selon les différentes phases du cycle. Et le shiatsu aide le corps à mieux vivre et à mieux assimiler. Et donc ça prépare le corps pour la meilleure possibilité de conception. Parce qu’il y a différentes étapes. Par exemple l’étape de la maturation de l’ovule. Je trouve que c’est important que la femme se nourrisse bien, qu’elle reçoive des shiatsu, pour aider mieux ses énergies dans cette phase. Pour qu’elle se connecte avec l’ovule et le bébé futur.

Beaucoup de femmes, au début des soins shiatsu, ne connaissent forcément pas le moment de leur ovulation. Et donc j’aide les femmes à reconnaître leurs énergies et à savoir les exprimer à ce moment là. Mais aussi bien sûr je les aide dans l’acceptation de la possibilité d’une non-conception. Et le travail dans les différentes phases du cycle. Donc il y a le shiatsu qui peut aider, qui peut soulager aussi des sensations, si on a des œdèmes, ou des moments dans lesquels on ne se sent pas bien, on peut travailler ça. Si on a des difficultés pendant les règles, parfois aussi le sacrum, le bas du dos, que j’enseigne aussi pour l’accouchement. Des techniques un peu comme ça sont bien.

Créer l’espace dans le couple pour accueillir bébé

Souvent, la plupart du temps, c’est moi qui travaille avec la femme. Mais là aussi, même avant l’accouchement, on peut intégrer le futur « papa » (ce n’est pas toujours un homme. Aujourd’hui, on a beaucoup de différentes possibilités de couples). Intégrer le « couple » déjà avant la grossesse, c’est déjà important.

Une technique assez simple : en shiatsu, on connecte les différents organes. Le Cœur. Il est important d’avoir de l’amour pour l’enfant, pour soi-même, pour le couple. Toucher le Cœur, et toucher la « zone » de l’Uterus (bien sûr, on ne peut pas toucher directement l’Utérus). Avoir une connexion avec la respiration. Sentir, accueillir. Être prête à inviter un bébé dans sa vie, créer l’espace. Donc la respiration fait partie du shiatsu. La respiration en recevant un shiatsu, mais il y a aussi des exercices qu’on peut faire soi-même. Même des visualisations. Et voilà !

Ludivine Dumontet : super !

Suzanne Yates : et les points qu’on peut toucher…

Ludivine Dumontet : tu nous as donné des exemples sur l’accompagnement post-fertilité, quand le bébé est déjà dans le corps de la future maman.

“le shiatsu pour le bébé commence pendant la grossesse”

Suzanne Yates : Oui, et ça aussi c’est [la connexion] Cœur-Utérus. Bien sûr, l’utérus devient beaucoup plus grand pendant la grossesse et on va sentir aussi le bébé. Donc déjà le shiatsu pour le bébé commence pendant la grossesse. Quand je fais le shiatsu pour la maman, bien sûr je demande à la maman si je peux toucher son abdomen, si je peux toucher le bébé. Et je dois respecter aussi le bébé quand je travaille. Je ne vais pas faire les choses mécaniquement. Si la maman ne veut pas que je touche directement son ventre, je peux travailler à travers ses mains. Ça peut aider la respiration, ça aide le contact avec le bébé. Mais la maman aussi, elle peut faire les mouvements elle-même. Avec la respiration, mais aussi avec la pression. Aussi le partenaire peut le faire. Voilà : c’est le shiatsu pour papa, maman, bébé !

Ludivine Dumontet : pour le trio ! Qu’est-ce que les parents te disent le plus souvent dans ce qu’ils ressentent des effets positifs du shiatsu. Qu’est-ce que ça apporte aux parents, dans leur ressenti ?

Suzanne Yates : pendant la grossesse, ou pendant l’accouchement ?

Ludivine Dumontet : comme tu travailles sur l’ensemble de ces phases là, sur l’ensemble. Peut-être veux-tu séparer l’accouchement de la grossesse ? Qu’est-ce que tu as comme retours ?

Calmer le stress et les nausées du premier trimestre

Suzanne Yates : d’abord, le premier trimestre, c’est souvent le plus difficile. Parce que la maman se sent fatiguée. Elle est souvent un peu stressée. Elle a peut être des nausées. Le shiatsu est excellent pour ça ! Parce que bien sûr, ça calme le stress. Et c’est souvent dû à ça. C’est bon pour l’adaptation de la maman à ces différentes énergies, ses différents besoins. Et le shiatsu aide à connaître le corps. Donc elle se sent soulagée. Et ça donne un peu quelque part la permission de prendre l’espace pour elle, de se nourrir. Donc, soulagement des symptômes du premier trimestre. Et aussi un moment de relâchement, et aussi d’être dans sa bulle, avec son enfant.

Être en lien avec son bébé

Deuxième et troisième trimestre. Le deuxième trimestre, souvent, si on a fait une bonne adaptation pendant le premier trimestre, souvent ça se passe bien. On peut avoir des début de symptômes liés au mal de dos, des difficultés à respirer. Des symptômes plutôt physiques, des œdèmes. Donc il y a des techniques de shiatsu qui peuvent aider cela. Parfois j’ai des retours du type : « ah, mais c’était vraiment magique : je venais avec ça et ça et ça et maintenant je me sens bien ! ». Je veux que les femmes vivent la grossesse comme une période positive. C’est un cadeau d’avoir un bébé dans notre corps ! Et j’aide les femmes à ressentir ça. Et même les femmes qui vivent des grossesses assez compliquées, qui peuvent être médicalisées, qui doivent aller à l’hôpital. En Angleterre, on a la chance, les praticiennes shiatsu, de pouvoir accompagner la femme à l’hôpital. Et donc la femme est tellement heureuse de savoir qu’elle va pouvoir continuer à recevoir le shiatsu, sentir une connexion avec son bébé. Le retour de ces femmes là, souvent elles me disent : “c’était au moment de recevoir le shiatsu que, oui, j’ai senti que j’attendais un bébé, et je suis en lien avec mon bébé, et je prends de nouveau plaisir à être enceinte, etc, etc.

Bien vivre l’accouchement

Et aussi pendant l’accouchement, le but bien sûr, c’est d’essayer d’aider la femme à bien vivre l’événement. Et souvent, on trouve qu’avec le shiatsu, on peut vraiment soutenir l’accouchement naturel. Surtout pour le papa, le conjoint. Il peut jouer son rôle, et aider la femme à bien le vivre. Mais bien sûr, dans certains cas, l’accouchement naturel n’est pas possible, mais même si on doit avoir une césarienne, il y a un travail qu’on peut faire avant. Et bien sûr, le papa ne peut pas faire le shiatsu pendant la césarienne, mais la maman peut quand même faire les visualisations, elle peut quand même faire la respiration. Il y a des techniques pour aider la maman à bien vivre une césarienne.

Le shiatsu post-natal pour la maman et le bébé

Suzanne Yates : et après c’est la continuité dans le post-natal, comment se connecter au bébé maintenant qu’il est hors de l’utérus. Donc, quel shiatsu à faire au bébé. Le premier shiatsu pour le bébé, c’est vraiment la connexion avec le corps et le cœur. Cœur, corps, utérus. Et donc des choses assez simples. Et dans la première période post-natale, j’ai plutôt tendance à aller à domicile, chez le couple, à la maison. Dans les cultures traditionnelles, comme au Japon, d’où vient le shiatsu, on restait un mois à la maison pour la récupération. Et je pense que dans notre société, de nos jours, la récupération est souvent oubliée dans la phase post-natale. Et le shiatsu a un bon rôle pour aider la femme à se détendre, à retrouver son énergie.

Des techniques pour aider à la récupération post-natale

Suzanne Yates : dans beaucoup de cultures traditionnelles, on recevait des massages pour aider le corps à assimiler tous les changements et à aider dans la récupération. Il y a donc beaucoup de techniques de shiatsu pour cette phase là. Bien sûr, dans la première phase post-natale, le shiatsu à un autre style. Il est plutôt doux, on ne veut pas trop stimuler la femme. C’est assez différent de celui pratiquer pendant l’accouchement naturel, on peut faire des techniques assez toniques, assez physiques, parce que c’est une période de grands mouvements physiques. Dans le post-natal, c’est plus doux, c’est plus dans la récupération.

Ludivine Dumontet : et donc ça sert aussi au bébé, au couple en général. Tu nous parles beaucoup dans tes stages de cette connexion parents-enfant, mère vis-à-vis d’elle-même aussi. C’est très très intéressant.

Merci beaucoup Suzanne.

Suzanne Yates : merci!

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En attendant, soyez vous, soyez shiatsu, et à très bientôt !

Ludivine

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