Stress du bébé : le shiatsu pour apaiser

Publié par Ludivine le

Le stress, l’angoisse, la peur, ainsi que la colère sont les raisons les plus fréquentes qui poussent les parents à venir au shiatsu pour leurs enfants. Ils passent les portes du cabinet avec beaucoup de questionnements sur les situations qu’ils vivent au quotidien et qui les dépassent. C’est le cas de Marianne*, maman de Tim*, 10 mois.

bébé pleurs stress shiatsu apaiser

Un bébé en grand stress

Lorsque Tim arrive en cabinet avec sa mama, il n’a que 10 mois, et déjà une vie très mouvementée…

Une grossesse et un accouchement anxiogènes

Pendant des années, les parents de Tim ont eu du mal à concevoir. Il y a eu 3 fausses couches sur 7 ans. Des fibromes et des polypes ont été incriminés, et donc opérés. Les parents de Tim ont eu recours à la PMA car Marianne présentait de surcroît une insuffisance ovarienne. Ils avaient lancé un programme d’adoption également en parallèle.

Puis Marianne est tombée « miraculeusement » enceinte, comme elle dit. Elle a eu cependant du mal à investir sa grossesse, avec la peur de perdre le bébé à tous les instants. « Le lien a été difficile à créer », rapporte-t-elle. S’en est suivie une prise en charge très médicalisée. Du fait d’une hyperémèse prononcée, Marianne a été hospitalisée à domicile, sous perfusion. Les vomissements se sont calmés à partir du 4ème mois.

Puis au cours du deuxième trimestre les médecins ont remarqué une béance du col. Marianne a été hospitalisée et a dû subir un cerclage de l’utérus car les risques de fausse couche étaient très élevés. De nouveau hospitalisation à domicile. A 6 mois, Marianne déclenche de grosses contractions, elle est conduite à l’hôpital. Au troisième trimestre, les médecins ont une suspicion de placenta accreta (placenta collé sur l’utérus). Le risque hémorragique est très élevé, il est donc décidé une césarienne programmée à 8 mois. Marianne reçoit une anesthésie générale lors de l’accouchement. Tim est endormi au moment de sortir, il a du mal à respirer, et est conduit immédiatement dans le service de néonatalogie.

Marianne et Tim peuvent rentrer à domicile après quelques jours, et la famille profiter d’être ensemble. Les problèmes commencent à apparaître lorsque Tim déclenche des attaques de panique dès qu’il ne reconnaît pas les personnes qui l’entourent.

Une fenêtre de tolérance étroite

Tim est un bébé avec une fenêtre de tolérance au stress très étroite**. Il s’agite dans tous les sens, tremble et se crispe, a le regard apeuré, cherche sa maman de partout, et pleure fort dès qu’il est en présence d’inconnus, ce qui est très fréquent.

Il souffre en parallèle d’un reflux gastro-œsophagien (RGO) et de bronchiolites à répétition. Il est suivi par une kinésithérapeute, mais la situation perdure. Les séances sont difficiles pour Tim, qui présente à chaque fois les troubles décrits plus hauts. Les journées à la crèche sont compliquées pour les mêmes raisons.

Quand Marianne demande à la pédiatre que faire, cette dernière lui répond qu’il faut le laisser pleurer dans son coin et que cela passera avec le temps. Marianne ressent au fond d’elle-même que ce n’est pas la solution et en cherche donc d’autres. Sa sage-femme lui parle du shiatsu et lui donne mon numéro…

Le Renard et le Petit Prince

J’ai suivi Tim en shiatsu sur 5 séances à raison d’une fois par semaine. A plusieurs reprises, j’ai eu l’impression d’être le Renard, et Tim Le Petit Prince 🙂 … J’ai dû prendre le temps de l’apprivoiser pour pouvoir l’approcher, puis le toucher, gagner progressivement sa confiance, et enfin, le voir sourire…

Quand le stress devient panique

Lorsque Tim est venu au cabinet pour la première fois, il était dans les bras de sa maman. Dès qu’il m’a vue, il s’est mis à s’agiter fortement, à se débattre en hurlant et en pleurant jusqu’à en tousser. J’étais à un mètre de lui.

Je me suis donc mise à l’autre bout du futon en seiza, soit à 3 mètres du siège où sa maman était en train de s’installer. Tim était littéralement scotché à sa mère, mais, me voyant à une distance que son cerveau devait trouver raisonnable, il s’arrêta de pleurer, tout en maintenant ses yeux écarquillés rivés sur moi, comme pour s’assurer que je resterais bien là où j’étais 🙂

Marianne se leva avec Tim dans les bras et le porta porta jusqu’au futon en lui parlant d’une voix posée. Elle s’assit en tailleur et le réajusta sur elle, face à moi. Le stress de Tim se transforma en attaque panique ; il se remis à hurler, à pleurer, et à se débattre. Marianne avait de son côté cette fantastique et désarmante sérénité face une situation pour le moins perturbante pour une maman. Elle souriait à son bébé et lui parlait avec calme.

La scène dura environ 15 minutes. En guise de shiatsu ce jour là, je ne réussis qu’à envoyer des sourires et des paroles douces à Tim depuis l’autre bout de la pièce. J’expliquai à Marianne qu’au vu de l’état de stress de son bébé, c’était tout à fait normal, et qu’il allait falloir un peu de temps. Cela faisait partie du process. Je lui expliquai que pour que la situation avance, il était important d’avoir une fréquence régulière de suivi, et je lui proposai de revoir Tim la semaine suivante, avec un point intermédiaire par téléphone d’ici là. Elle était totalement partante.

Attention, écoute et protection pour diminuer le stress

La seconde et la troisième séances shiatsu furent consacrées à diminuer progressivement la distance entre Tim et moi de 3 mètres à 1, puis de 1 à 0. A la fin de la troisième séance, je pus lui toucher les pieds sans qu’il se débatte. Il restait allongé sur sa mère, les sourcils froncés, mais avec une respiration calme. Il observait mes mains œuvrer sur ses pieds puis me fixait intensément quand je lui souriais et lui parlais. Je lui ai demandé auparavant s’il était d’accord que je le touche, et lui ai expliqué ce que j’allais faire. Je lui ai également dit qu’il pouvait me manifester à tout moment son désir d’arrêter. Après 5 minutes de travail sur ses pieds, les larmes se sont mises à couler sur ses joues, et il s’est retourné contre sa mère. La peur s’était effacée, on pouvait lire maintenant comme une forme de tristesse sur son visage, ou de soulagement ?…

Bien qu’il y ait en Marianne une figure d’attachement claire et rassurante quand il se sent en danger, Tim éprouve de l’insécurité partout ailleurs que chez lui. Nous avons donc continuer sur la 4ème et la 5ème séance à lui assurer un sentiment de sécurité et de protection, avec un profond respect de ses limites. Après les pieds, j’ai pu progressivement travailler sur son dos, puis ses bras, et enfin sa tête. A chaque fois je lui demandais l’autorisation de le toucher, puis lui expliquais ce que j’allais faire et à quoi cela servait.

Le Rein n’aime pas le stress

Dans l’approche taoïste du vivant, la peur, l’angoisse, le stress, sont liés au concept énergétique du Rein***. Nous savons parallèlement en occident que les glandes surrénales jouent un rôle primordial dans la régulation du stress. Dans le cycle de la Vie, le Rein arrive en bout de course ; il est donc logiquement associé à l’Hiver, à la mort et au froid. Pour calmer le stress du bébé, nous mettrons donc une attention particulière à travailler le Hara, avec de longues connexions Bao Luo (Rein – Dan Tien inférieur) et Bao Mai (Coeur – Dan Tien inférieur). Une importante action sur les pieds favorise également l‘ancrage et la stabilité, la sécurité, et donc, la réassurance. C’est aussi là que se trouve le départ du Méridien du Rein.

Les pressions douces, progressives, longues, apportent de la chaleur et procurent un apaisement presque immédiat au bébé. La respiration se fait plus profonde et le calme apparaît. Lors du travail sur la tête, le focus est donné aux oreilles, organes des sens associés au Rein, ainsi qu’au Méridien Vessie, associé à celui du Rein.

renard petit prince apprivoiser stress bébé shiatsu

Du stress au sourire

A la fin de la 5ème séance, Tim s’était défusionné de sa maman et était entièrement allongé sur le futon. Il souriait quand je travaillais sur lui, et respirait profondément. Les différents points téléphoniques intermédiaires avec Marianne confirmaient une évolution positive de la situation : plus de RGO ni de bronchiolites. Les journées à la crèche quand à elles se passaient beaucoup mieux également ; Tim ne pleurait plus et acceptait volontiers d’être porté par les nounous.

Nous décidâmes avec Marianne d’arrêter les séances shiatsu. Les échanges téléphoniques qui suivirent montrèrent que la situation était stabilisée. Tim est aujourd’hui un enfant qui va facilement vers les autres et toujours avec le sourire 🙂

 

CONCLUSION :

L’expérience shiatsu du suivi de Tim fut pour moi une des plus marquantes, tant la situation de départ était lourde, et tant les avancées furent spectaculaires et en peu de temps finalement. Depuis Tim, d’autres enfants ont passé les portes du cabinet. Pour tous, la situation de départ s’est améliorée 🙂

De mon expérience, les bons ingrédients d’un suivi shiatsu se situent dans une bonne connaissance et considération de la situation de départ. Il est ensuite primordial de respecter l’histoire du jusha (celui qui reçoit) et de sa famille. Enfin, il est important de rester à l’écoute du timing nécessaire à l’individu pour qu’il se sente en confiance.

L’histoire de Tim nous enseigne qu’avec du temps, de la patience, et de la persévérance, nous pouvons tous progresser dans la douceur 🙂

 

Vous avez aimé l’article ? Pensez à le COMMENTER, à le PARTAGER, à le LIKER ! et à vous ABONNER à la newsletter pour recevoir votre BONUS et toutes les nouvelles du blog ! 🙂

 

* les prénoms d’origine ont été changés.

** Pour aller plus loin :

– Deux lectures inspirantes sur le fonctionnement cérébral de l’enfant :


<

– Le magnifique conte philosophique du Petit Prince

*** Les termes en majuscule font référence au concept chinois dans la philosophie taoïste.

Partager l'article :

12 commentaires

Bernie QUERRIERE · 10 novembre 2023 à 7 h 44 min

Très bel article!Je suis toujours impatiente de vous lire ou de vous voir.Bernie (Belgique)

    Ludivine · 11 novembre 2023 à 14 h 03 min

    Merci Bernie ! ^^
    Oui, avec plasir !
    Ludivine

Orbec Alix · 10 novembre 2023 à 10 h 04 min

Très beau partage que ces instants de progression avec Tim et sa maman. Emouvant à lire. Le shiatsu est miraculeux (pour notre culture occidentale) !

    Ludivine · 11 novembre 2023 à 14 h 03 min

    Merci Alix ! ^^

Renard · 11 novembre 2023 à 10 h 13 min

Bravo Ludivine pour ce merveilleux témoignage, très bien écrit. J ai adoré te lire.

    Ludivine · 11 novembre 2023 à 14 h 03 min

    Merci Véronique ! ^^

Martine (Caen) · 12 novembre 2023 à 21 h 45 min

Merci Ludivine pour ce beau partage, très émouvant. Heureuse de lire les bienfaits du Shiatsu et votre savoir faire pour Tim et sa maman. Félicitations.

    Ludivine · 13 novembre 2023 à 12 h 38 min

    Merci beaucoup Martine pour votre retour encourageant!
    A bientôt.

Marie de karma-sante.com · 17 novembre 2023 à 12 h 59 min

C’est fabuleux.
En fait, Marianne a vraiment « mérité » son petit trésor, var le parcours ne fût pas simple.
Paucre petit Tim aussi, il devait se sentir tellement mal avent les séances. En tout cas le travail est remarquable. Merci pour tous ces bébé qui peuvent bénéficier de telles séances et qui progressent positivement.

    Ludivine · 26 décembre 2023 à 17 h 16 min

    Merci beaucoup Marie pour ce retour !
    A bientôt,
    Ludivine

Awa · 27 décembre 2023 à 20 h 29 min

Merci pour ce très bel article !

    Ludivine · 27 décembre 2023 à 22 h 38 min

    Merci beaucoup à vous pour ce retour !;)

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.